Concentrés plaquettaires autologues : l'ANSM rappelle leur interdiction en injection à visée esthétique

Par DAVID PAITRAUD -
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L'usage à visée esthétique, "rajeunissante", d'injections sous-cutanées de plasma riche en plaquettes (PRP), ou concentrés plaquettaires autologues (CPA), est en vogue en ce moment.

Pourtant, cette technique, appelée "Vampire Lift" aux Etats-Unis, est interdite en France, rappelle l'ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) dans un communiqué du 10 janvier 2018

L'Agence a été alertée sur le développement en France de cette pratique non autorisée (et sans efficacité démontrée par des études rigoureuses). Elle demande aux médecins de se conformer aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur.
 [article édité le 17 janvier 2018]
L'usage à visée esthétique de concentrés plaquettaires autologues (CPA) est interdit en France (illustration).

L'usage à visée esthétique de concentrés plaquettaires autologues (CPA) est interdit en France (illustration).


Une pratique qui tend à se développer malgré son interdiction en France 
Dans un communiqué publié le 10 janvier 2018, l'ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) rappelle que l'usage à visée esthétique de concentrés plaquettaires autologues (CPA) [Cf. Encadré 1], également dénommés plasma riche en plaquettes (PRP), est interdit en France.

 
Encadré 1 - Les injections de PRP à visée esthétique en bref
Les concentrés de plaquettes autologues sont obtenus à partir d'un échantillon de sang centrifugé prélevé chez une personne.
Les plaquettes ainsi concentrées et séparées des autres composants sanguins sont récupérées et réinjectées dans la peau, à cette "personne cliente", en association avec d'autres substances, pour combler des rides, des cicatrices, "repulper" la peau.   
Cette technique est appelée "Vampire Lift" dans les pays anglo-saxons, par analogie à des injections de sang censées "rajeunir" la peau (l'efficacité est supposée, difficilement mesurable et d'ailleurs non démontrée par des études scientifiques publiées).


Selon l'ANSM, cette pratique, coûteuse et non dénuée de risques, notamment en cas de pathologie associée (maladie auto-immune par exemple, prise d'anticoagulants, etc.), tend à se développer en France malgré l'absence de publications et la réglementation en vigueur.

Elle serait proposée et réalisée par certains médecins pour "obtenir un éventuel effet de rajeunissement" (il suffit de faire une recherche sur Google pour trouver effectivement des chirurgiens esthétiques la proposant).

Produits dérivé du sang : une réglementation précise
Les préparations de CPA sont considérée comme des produits dérivés du sang humain. Elles sont par conséquent soumises à l'article L. 1221-8 du code de la santé publique.

Ce dernier fixe de manière limitative ce qu'il est permis de préparer et de réaliser à partir du sang ou de ses composants

La préparation de CPA à des fins esthétiques n'est pas mentionnée : cette préparation est par conséquent interdite.

L'interdiction de l'usage de CPA à des fins esthétiques a été rappelée dans un arrêt du Conseil d'Etat en date du 4 novembre 2015.

En revanche, le code de la santé publique prévoit une utilisation des concentrés plaquettaires autologues à des fins thérapeutiques dans le cadre d'une seule et même intervention médicale, sans être conservés ou préparés au sein d'un organisme ou d'un établissement tiers.

C'est donc l'objectif de l'intervention (visée thérapeutique ou visée esthétique) qui détermine la réglementation applicable.

Risque de sanctions pénales et disciplinaires
L'ANSM rappelle à tout médecin qu'il relève de sa responsabilité de se conformer aux dispositions législatives et réglementaires, qui s'applique dans ce cas aux CPA.

Une utilisation illégale des CPA, à visée esthétique, expose à des sanctions pénales et disciplinaires.


[article édité le 17 janvier 2018]

Pour aller plus loin
Médecine esthétique : L'usage de concentrés plaquettaires autologues (CPA) ou plasma riche en plaquettes (PRP) à visée esthétique est interdit - Point d'Information (ANSM, 10 janvier 2018)

Article L1241-1 Modifié par LOI n°2012-300 du 5 mars 2012 - art. 1 (V) (Légifrance, Code de la santé publique, version en vigueur au 7 mars 2012)
Article L1221-8 Modifié par Ordonnance n° 2016-1406 du 20 octobre 2016 - art. 1 (Légifrance, Code de la santé publique, version en vigueur au 22 octobre 2016)
Arrêt du Conseil d'Etat N° 375056 (Légifrance, Lecture du 4 novembre 2015)

Sources : ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament)

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Vidal News du 2018-11-08

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