Primaquine à visée « altruiste » et paludisme à Plasmodium falciparum en Guyane

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Médecine des voyages

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Le 15 septembre 2017, le Haut Conseil de la santé publique a publié un avis en 7 pages portant sur l'utilisation de la primaquine à visée altruiste contre le paludisme à Plasmodium falciparum en Guyane. 

Cet avis est argumenté autour de 3 points majeurs :

  • La situation épidémiologique du paludisme en Guyane avec une baisse de l'incidence entre 2005 et 2016 une situation cependant hétérogène liée aux activités aurifère une zone historique d'émergence des résistances favorisée par la fréquence élevée de l'automédication.
  • La stratégie d'élimination du paludisme à Plasmodium falciparum au niveau du plateau des Guyane et les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé de 2015. L'utilisation de la primaquine à visée altruiste étant largement développée dans tous les pays limitrophes de la Guyane et l'Agence régionale de santé de Guyane a par ailleurs développé un plan de lutte contre le paludisme 2015-2018 intégrant la prescription monodose de la primaquine dès que la règlementation française le permettra.
  • L'état des connaissances sur l'intérêt et l'utilisation de la primaquine à visée altruiste. L'usage altruiste de la primaquine consiste à compléter le traitement de l'accès palustre à Plasmodium falciparum par un traitement à dose unique de primaquine à visée anti-gamétocytaire afin de réduire la transmission du parasite aux anophèles vectrices.
  • Le Haut Conseil de la santé publique recommande que la primaquine soit prescrite à la dose de 0,25 mg/kg, adaptée au poids chez l'enfant de plus d'un an ou de plus de 10 kg.

    L'utilisation de la primaquine monodose nécessite :

  • un dépistage préalable d'anémie, quand cela est réalisable avec une utilisation différée quand le taux d'hémoglobine est inférieur à 8 g/dL ;
  • un report de prescription quand le patient présente un déficit en G6PD connu ;
  • une information systématique des patients sur le risque de survenue d'une anémie hémolytique, ses symptômes et sur l'importance du suivi ;
  • une proposition de rendez-vous de consultations de suivi.
  • Le Haut Conseil de la santé publique préconise que les sites d'orpaillage fassent l'objet de mesures spécifiques pour éviter notamment le développement de résistance aux médicaments antipaludiques. Il recommande qu'un suivi épidémiologique de la mise en œuvre et de l'impact de ces mesures soit réalisé sur tout le territoire de la Guyane.

    Pour mémoire, la primaquine est une 8 aminoquinoléine active sur les gamétocytes de tous les Plasmodium et sur les hypnozoïtes de Plasmodium ovale et de Plasmodium vivax. Pour ces deux dernières espèces l'usage de la primaquine est à visée curative, permettant l'élimination du parasite au niveau hépatique, elle prévient les accès de reviviscence. Dans cette indication, elle est utilisée sur une durée plus longue et doit faire l'objet d'une demande d'autorisation temporaire d'utilisation et le patient doit bénéficier d'une recherche de déficit en Glucose 6 phospho deshydrogénase (G6PD), déficit enzymatique responsable de la maladie connue sous le nom de favisme et pour des précautions d'usage d'un certains nombre de médicaments doivent être respectées. 

    Source : Haut Conseil de la santé publique.

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