IMBRUVICA (ibrutinib) : dépister le virus de l'hépatite B avant l'initiation du traitement chez tous les patients

Par DAVID PAITRAUD -
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Les prescripteurs doivent désormais déterminer le statut sérologique VHB (virus de l'hépatite B) chez tous les patients avant d'initier un traitement par l'inhibiteur des tyrosines kinases ibrutinib, substance active de l'antinéoplasique hospitalier IMBRUVICA 140 mg gélule.

Pour les patients VHB séropositifs, une consultation chez un médecin spécialisé en hépatologie est recommandée avant l'instauration du traitement.

Si le traitement par IMBRUVICA est maintenu, ces patients doivent bénéficier d'une surveillance et d'un traitement de prévention de la réactivation du VHB.


Ces nouvelles recommandations font suite à des notifications de cas de réactivation du virus de l’hépatite B (VHB) chez des patients traités par IMBRUVICA depuis sa commercialisation, dont un cas d'issue fatale. 
Représentation en 3D de virus de l\'hépatite B (illustration).

Représentation en 3D de virus de l\'hépatite B (illustration).


Déterminer le statut sérologique de l'hépatite B chez tous les patients
Le statut sérologique de l'hépatite B doit désormais être déterminé chez tous les patients avant l'initiation d'un traitement par ibrutininb (IMBRUVICA 140 mg gélule), un antinéoplasique inhibiteur des protéines kinases (Cf. Encadré 1).
 
Encadré 1 - L'ibrutinib en bref
L'ibrutinib est un antinéoplasique de la famille des inhibiteurs des protéines kinase.
Il entre dans la composition du médicament hospitalier IMBRUVICA, commercialisé depuis 2014 en France (Cf. notre article du 5 décembre 2014) et indiqué dans les hémopathies malignes suivantes : 
  • en monothérapie, dans le traitement des patients adultes atteints d'un lymphome à cellules du manteau (LCM) en rechute ou réfractaire ;
  • en monothérapie, dans le traitement des patients adultes atteints d'une leucémie lymphoïde chronique (LLC) non précédemment traités ;
  • en monothérapie ou en association à la bendamustine et au rituximab (BR), dans le traitement des patients adultes atteints d'une LLC ayant reçu au moins un traitement antérieur ;
  • en monothérapie, dans le traitement des patients adultes atteints d'une macroglobulinémie de Waldenström (MW) ayant reçu au moins un traitement antérieur, ou comme traitement de première intention chez les patients pour lesquels une chimio-immunothérapie n'est pas appropriée.

Des cas de réactivation de l'hépatite B chez des patients traités par ibrutinib
Relayée auprès des prescripteurs concernés dans un courrier du laboratoire Janssen-Cilag, en date du 19 juillet 2017, cette nouvelle recommandation repose sur la déclaration de cas de réactivation de l'hépatite B survenus chez des patients traités par ibrutinib au cours d'essais cliniques depuis la commercialisation de ce médicament.

Le délai de survenue était "variable et sans profil clair". 
Certains patients avaient des antécédents connus d'hépatite B et pour d'autres, le statut sérologique de l'hépatite B n'était pas connu. Les patients ayant une hépatite B active avaient été exclus de ces essais. 

Selon les résultats des essais cliniques dont le laboratoire Janssen-Cilag International N.V. était promoteur, "la fréquence de la réactivation de l'hépatite B est catégorisée « peu fréquent »", de l'ordre de 0,2 %. 

Pas de transplantation hépatique mais un décès
Parmi les cas notifiés, il n'a pas été rapporté d'insuffisance hépatique fulminante ayant nécessité une transplantation hépatique. En revanche, un décès a été signalé, dans un contexte de mélanome métastasé au foie, aux poumons et à la rate. 

Dans la majorité des cas, le traitement par ibrutininb a été arrêté ou interrompu.
Un traitement antiviral anti-VHB a été instauré pour réduire la charge virale. 

"Dans certains cas, le rôle de l'ibrutinib dans la survenue de la réactivation virale a été confondu par une immunochimiothérapie antérieure ou concomitante associée à une réactivation virale". 

Les nouvelles recommandations
Outre le dépistage de l'infection par le VHB chez tous les patients avant d'initier un traitement par IMBRUVICA, il est recommandé :
  • de faire bénéficier les patients VHB positifs d'une consultation chez un médecin spécialisé en hépatologie avant l'instauration du traitement ;
  • de surveiller les patients VHB positifs traités par IMBRUVICA et de mettre en oeuvre la prise en charge médicale usuelle dans la prévention de la réactivation du VHB.

Inhibiteurs des tyrosines kinases : une classe associée à la réactivation du virus de l'hépatite B
Jusqu'à présent, le risque de réactivation du virus de l'hépatite B n'était pas signalé dans le RCP (résumé des caractéristiques du produit) et la notice d'IMBRUVICA. Ces documents seront mis à jour prochainement

En revanche, ce risque a été identifié pour d'autres médicaments de la même classe pharmacologique, les inhibiteurs de la tyrosine kinase BCR-ABL (GLIVEC, TASIGNA, SPRYCEL, BOSULIF et ICLUSIG). 
Depuis 2016 en effet, un dépistage du statut sérologique VHB est recommandé avant l'initiation de l'un de ces traitements (notre article du 11 avril 2016),
 en raison du risque de réactivation du VHB et des complications associées (insuffisance hépatique, hépatite). 

Pour aller plus loin
Imbruvica (Ibrutinib) - Nouvelles recommandations importantes relatives au risque de réactivation du virus de l'hépatite B (ANSM, 19 juillet 2017)

Lettre aux professionnels de santé (sur le site de l'ANSM, 19 juillet 2017)

Sur VIDAL.fr
BOSULIF, GLIVEC, ICLUSIG, SPRYCEL, TASIGNA : risque de réactivation du virus de l'hépatite B (11 avril 2016)

Sources : EMA (European Medicines Agency), ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament)

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Vidal News du 2017-07-27

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