Vaccination contre la poliomyélite : l'Organisation mondiale de la santé met à jour les recommandations vaccinales internationales

Par Morvan JACQUES -
1
2
3
4
5
(aucun avis, cliquez pour noter)
vu par 629 lecteurs


Mesvaccins.net

Mesvaccins.net

Cet article est assez technique. Nous recommandons aux lecteurs intéressés de lire d'abord cet article sur la poliomyélite et sa vaccination.

Le 11 novembre 2016, la onzième réunion du Comité d'urgence en vertu du Règlement sanitaire international 2005 en ce qui concerne la propagation internationale du poliovirus a été convoquée par téléconférence par le Directeur général de l'Organisation mondiale de la santé. Le rapport final de cette réunion a été publié le 18 novembre 2016.

A. Le Comité d'urgence a examiné les données sur les poliovirus sauvages de type 1 (PVS1) et sur les poliovirus dérivés de la souche vaccinale de type 1 ou 2 (PVDVc1 ou PVDVc2)

1. Poliovirus sauvages de type 1 (PVS1)

  • Le Comité a noté que la détection de quatre cas de poliovirus sauvage de type 1 (PVS1) au Nigéria a été un revers pour l'éradication de la poliomyélite. Le comité a toutefois été rassuré par la réponse rapide du programme d'éradication de la poliomyélite au Nigéria.
  • Le Comité a salué les progrès accomplis en Afghanistan et au Pakistan, et l'accent renouvelé sur la coopération le long de la longue frontière internationale entre les deux pays, notant que cette sous-région constitue un bloc épidémiologique.
  • Au Pakistan, le Comité a constaté la forte diminution de cas de polio chez les enfants résidant dans des zones difficiles d'accès, un objectif important pour l'année 2016. Cependant, l'exportation récente de PVS1 du Pakistan dans la province de Paktia en Afghanistan illustre la difficulté de mettre un terme à la propagation internationale entre ces deux pays. En outre, la proportion d'échantillons environnementaux testés positifs pour PVS1 au Pakistan est restée autour de 10 % tout au long de l'année 2016, avec des échantillons positifs détectés dans une vaste zone géographique. Dans la plupart des cas, les échantillons environnementaux ont été testés positifs dans les zones où aucun cas de polio sauvage ont été détectés, suggérant une forte immunité de la population, mais augmentant aussi la possibilité de cas manqués.
  • Le Comité a reçu les rapports finaux de la Somalie, du Cameroun et de la Guinée équatoriale, ces trois pays étant inclus dans la liste précédente des pays vulnérables à l'importation du poliovirus, une catégorie de risque défini par le Comité d'urgence de la poliomyélite. Il en ressort que seule la Somalie peut être enlevée de cette liste.

2. Poliovirus dérivés de la souche vaccinale de type 1 ou 2 (PVDVc1 ou PVDVc2)

Au Nigéria, le Comité a noté qu'il n'y a pas eu de nouveaux cas de poliovirus dérivés de la souche vaccinale de type 1 ou 2 (PVDVc). Cependant,  le poliovirus PVDVc2, bien que non détecté, est probablement présent mais non détecté dans les mêmes populations inaccessibles que PVS1, avec par conséquent un risque de propagation internationale vers les pays voisins.

En Guinée, le dernier cas de PVDVc a été identifié en décembre 2015. Cependant, l'épidémie d'Ebola a perturbé le système de santé et la surveillance active de la poliomyélite vient seulement de reprendre. L'OMS estime qu'il existe donc un risque de diffusion au sein de la Guinée, au Liberia et en Sierra Leone.

La situation s'améliore au Myanmar et à Madagascar, où plus de treize mois se sont écoulés depuis les dernières détections de poliovirus dérivés d'une souche vaccinale dans ces pays.

B. Conclusion et recommandations temporaires

1. Le Pakistan est maintenant le seul pays exportateur de poliovirus sauvage (PVS1), l'Afghanistan ayant été retiré de cette catégorie.

  • Pour un voyage international, tous les résidents et les visiteurs de longue durée (c'est-à-dire pour un séjour d'une durée supérieure à quatre semaines) de tous âges, doivent recevoir une dose de vaccin oral antipoliomyélitique (VPO) ou de vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) entre quatre semaines et 12 mois avant le départ.
  • Pour les voyages en urgence (à savoir dans un délai de quatre semaines), le voyageur qui n'a pas reçu une dose de VPO ou de VPI dans les quatre semaines précédentes à 12 mois, doit recevoir une dose de vaccin contre la polio au moins au moment du départ.
  • Un certificat international de vaccination ou de prophylaxie dans la forme indiquée à l'annexe 6 du Règlement sanitaire international est nécessaire pour enregistrer la vaccination.

2. Les États infectés par le poliovirus sauvage (PVS1) ou un poliovirus dérivé de la souche vaccinale (PVDVc), mais non exportateurs, sont le Nigéria (PVDVc2 et PVS1), l'Afghanistan (PVS1), la Guinée (PVDVc2) et le Laos (PVDVc2). 

L'Afghanistan ayant été retiré de la liste précédente, il a été ajouté à cette catégorie. Madagascar en a été retiré.

  • Il faut encourager les résidents et les visiteurs de longue durée à recevoir une dose de VPO ou VPI quatre semaines à 12 mois avant le voyage international. Ceux qui entreprennent un voyage d'urgence devraient être incités à recevoir une dose au moins au moment du départ.
  • La vaccination doit être enregistrée sur un document approprié pour enregistrer le statut vaccinal.

3. États qui ne sont plus infectés par le poliovirus sauvage ou vaccinal, mais qui restent vulnérables à la propagation internationale et États à risque pour l'émergence et la circulation du poliovirus vaccinal.

La Somalie a été retirée de cette liste. Madagascar y a été ajouté.

  • Il s'agit de la Guinée équatoriale (PSV1, dernier cas le 13 mai 2014), du Cameroun (PSV1, dernier cas le 14 juin 2014), du Niger (PSV1, dernier cas le 15 novembre 2012), du Tchad (PSV1, dernier cas le 13 mai 2012), de la République Centrafricaine (PSV1, dernier cas le 8 décembre 2011), de l'Ukraine (PVDVc, dernier cas le 7 juillet 2015), de Madagascar (PVDVc, dernier cas le 22 août 2015) et du Myanmar (PVDVc, dernier cas le 5 octobre 2015).
  • Il est nécessaire d'intensifier les efforts pour assurer la vaccination des populations mobiles et transfrontalières, les personnes déplacées, les réfugiés, les voyageurs et d'autres groupes vulnérables.

Le système expert de MesVaccins.net et l'information personnalisée délivrée par MesVaccins.net ont été mis à jour pour chaque pays concerné.

Source : Organisation mondiale de la santé.

Pour recevoir gratuitement toute l’actualité par mail
Je m'abonne !
Voir toutes les actualités

Vidal News du 2017-05-18