Baromètre AFIPA : l'automédication a nettement progressé en 2015 en France

Par DAVID PAITRAUD -
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L'AFIPA ("Association française de l’industrie pharmaceutique pour une automédication responsable") a publié les résultats de son 14e baromètre de l'automédication.

Cette nouvelle édition montre un marché de l'automédication en progression (+ 6,4 % en valeur) sur les 3 catégories de produits concernés (dispositifs médicaux, médicaments d'automédication et compléments alimentaires). 

Les affections respiratoires et le traitement de la douleur suscitent toujours le plus de demandes au comptoir. L'épidémie grippale intense du début de l'année 2015 explique probablement  leur forte progression en 2015 
(+ 10,7 % et + 9,4 % respectivement).

L'homéopathie est toujours fortement représentée dans les produits d'automédication : OSCILLOCOCCINUM est désormais le deuxième médicament d'automédication le plus vendu, derrière DOLIPRANE. 

Enfin, selon l'enquête de l'AFIPA, les prix pratiqués dans les pharmacies françaises sur ces produits sont en dessous de la moyenne européenne, alors que ces mêmes prix sont parfois critiqués.

L'AFIPA estime que l'automédication évite des consultations, en particulier pour les pathologies hivernales, et fait donc réaliser des économies au système de santé. Elle appelle donc les autorités à faciliter davantage cette automédication, au lieu de la freiner. Mais ces dernières n'ont pas pris de mesure récente en ce sens, peut-être en raison de mésusages ou de craintes d'un accès trop facilité à des produits comportant certains risques. 

 
L'automédication est souvent effectuée avec le conseil du pharmacien d'officine (illustration).

L'automédication est souvent effectuée avec le conseil du pharmacien d'officine (illustration).


Un état des lieux annuel de l'automédication, évaluée auprès de plus de 6 000 pharmacies
Le 20 janvier 2016, l'AFIPA (Association française de l'industrie pharmaceutique pour une automédication responsable) a publié son 14e baromètre des produits du Selfcare pour l'année 2015, réalisé en collaboration avec OpenHealth.

Précisons que l'AFIPA utilise la dénomination "selfcare" pour l'automédication car ce "terme anglais  correspond à la prise en charge et la gestion de sa santé et de son bien-être par l'individu lui-même", et non uniquement à une prise de médicaments.   

Ce travail propose donc un état des lieux de la consommation des produits d'automédication en France, c'est-à-dire les produits disposant du statut de dispositif médical (DM), les médicaments de prescription médicale facultative et les compléments alimentaires.

Seuls les produits non remboursés, non prescrits, et délivrés en pharmacie ont été pris en compte dans ce baromètre.

Le panel est constitué de 6 718 pharmacies, dont le chiffre d'affaire est supérieur à 2 millions d'euros.

Une forte croissance globale du marché de l'automédication en 2015
Cette nouvelle édition montre un marché de l'automédication en progression (+ 6,4 % en valeur).

Les trois catégories de produits (dispositif médical, médicament OTC et complément alimentaire) enregistrent une croissance supérieure à 5 % en 2015 : 
  • 7 % en valeur pour les DM, 
  • 9,6 % en valeur pour les les compléments alimentaires, dont la mélatonine, 
  • 5,2 % en valeur pour les médicaments d'automédication.

Bien qu'elle ne représente que 10,4 % du chiffre d'affaire des officines, l'automédication contribue à 37,2 % de la croissance de l'activité globale des officines, selon les données 2015 de l'AFIPA. 

Les produits les plus représentés en valeur sont ceux préconisés pour les voies respiratoires et la douleur. Ces marchés sont aussi ceux qui ont le plus progressé entre 2014 et 2015 (respectivement 10,7 % et 9,4 % de progression).

Dans le top 10 des laboratoires commercialisant des produits d'automédication, le laboratoire Boiron est  en première position, devant Sanofi et BMS/UPSA, avec 12 % de part de marché et une progression entre 8 et 10 % par rapport à 2014. 

Marché du médicament d'automédication : le retour à la croissance
L'année 2015 est marquée par une reprise de la croissance du marché des médicaments non prescrits. Ce marché enregistre une hausse de 5,2 % en valeur (basée sur le prix public TTC) alors qu'il était en recul en 2013 et 2014. 

Ce résultat positif est principalement lié à l'augmentation des ventes des médicaments de prescription médicale facultative (PMF) non remboursables, qui progressent de 6,2 %. 

Les médicaments de PMF remboursables comme le paracétamol progressent d'1,8 % seulement. 

Les médicaments pour les voies respiratoires et les antalgiques sont les médicaments le plus représentés. La forte épidémie grippale du premier trimestre 2015 a certainement contribué à stimuler les ventes de ces médicaments.

Autre fait notable, les médicaments d'homéopathie enregistrent la plus forte croissance et progressent de 11 %.

A l'inverse, les médicaments sédatifs et tranquillisants reculent de 0,6 %. Ce marché est cependant concurrencé par les compléments alimentaires.

Le top 10 des médicaments d'automédication les plus vendus
Selon le baromètre 2015, les médicaments occupent 17,2 % du marché en valeur :
  1. DOLIPRANE reste le médicament le plus vendu avec plus de 4 % de part du marché, mais cet antalgique n'enregistre pas de progression marquée cette année.
  2. OSCILLOCOCCINUM progresse de 25 %.
  3. HUMEX 
  4. STREPSIL
  5. LYSOPAÏNE 
  6. BEROCCA 
  7. DAFLON 
  8. NUROFENFLASH
  9. NICORETTE
  10. FERVEX, qui progresse de 30 % en valeur.

Le prix français moyen des médicaments d'automédication est inférieur au prix européen
Selon le baromètre 2015, le prix moyen des médicaments de PMF non remboursables est estimé à 4,69 euros. Il se situe en dessous de la moyenne européenne, qui s'élève à 6,16 euros.

Dispositifs médicaux : forte progression de ceux utilisés en puériculture et pour les voies respiratoires
Le marché officinal des produits classés comme dispositifs médicaux (DM) est dominé par les produits de soins à domicile consommables, les produits de dermatologie et les produits pour les voies respiratoires. 

Parmi les plus fortes progressions, on retrouve les DM préconisés en puériculture et les produits préconisés pour les voies respiratoires (respectivement 17,7 % et 16,6 %). 

En revanche, le marché des produits destinés à améliorer la circulation veineuse accuse un léger recul (- 4,4 %) par rapport à 2014.

Les compléments alimentaires en officine : une croissance globale des ventes de 9,6 %
Le marché des compléments alimentaires est celui qui progresse le plus en valeur (+ 9,6 %).

Ce marché est majoritairement représenté par les produits préconisés par leurs producteurs pour l'immunité/vitalité, le sommeil/détente et le confort digestif. Ces deux derniers groupes ont d'ailleurs progressé de près de 20 % par rapport à 2014. 

La plus grosse progression est enregistrée pour les produits préconisés pour les voies respiratoires (30,8 %). Autre embellie, le marché des compléments alimentaires "solaires" progresse de 16,1 %.

En revanche, ceux préconisés pour favoriser la minceur recule de 8,3 %, de même que celui des compléments destinés au "confort féminin" (- 5,1 %).

En conclusion : l'AFIPA souhaiterait, logiquement, accentuer ces tendances. Mais la lutte contre le mésusage de l'automédication ne doit pas non plus être oubliée
Pour l'AFIPA, ces données positives démontrent l'importance de l'automédication et "l'engouement croissant des Français pour cette pratique"

Elle regrette néanmoins le manque de mesures pour stimuler ce marché qui, selon elle, permet de dégager des économies pour la collectivité (baisse du nombre de consultations en périodes épidémiques notamment). 

L'AFIPA annonce la prochaine publication d'un manifeste en faveur de l'automédication, à l'intention des décideurs politiques. Prévu pour mars, ce document sera un recueil de préconisations que l'AFIPA estime nécessaires pour "contribuer à la mise en place en France d'un système de soin pérenne, plus juste et efficient" au sein duquel les produits d'automédication auraient une place plus importante.

Ces préconisations inclueront-elles aussi des recommandations pour favoriser le juste usage de ces produits ? En mars 2014, dans une note d'analyse intitulée "Les médicaments et leurs usages : comment favoriser une consommation adaptée ?", Virginie Gimbert soulignait que "des pratiques d'automédication peuvent se révéler peu adaptées, voire dangereuses" : absence de lecture de la notice, erreurs posologiques, date de péremption non respectée, confusion avec des médicaments de prescription (l'AFIPA préconise d'ailleurs de mettre un logo sur les médicaments accessibles sans prescription médicale). 

D'où l'importance d'un conseil pharmacien optimal et d'une information adaptée à chaque patient afin qu'il bénéficie au mieux de l'automédication.

Pour aller plus loin
L'Afipa publie son 14ème baromètre des produits du selfcare - communiqué (22 janvier 2016)
Baromètre 2015 des produits du selfcare (AFIPA, 22 janvier 2016)
Les médicaments et leurs usages : comment favoriser une consommation adaptée ?, Virginie Gimbert, avec la collaboration de Delphine Chauffaut, Commissariat général à la stratégie et à la prospective, mars 2014

Sources : AFIPA

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Vidal News du 2019-09-12

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