Intoxications aux champignons en hausse fin août 2015 : rappel des recommandations des autorités sanitaires

Par DAVID PAITRAUD -
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Comme chaque année, les autorités sanitaires ont mis en place une surveillance des cas d'intoxications aux champignons en France et dans les DOM-TOM de fin juin à décembre 2015.

Selon les premières données portant sur les mois de juillet et août publiées le 3 septembre 2015 par l'Institut de veille sanitaire (InVS), plus de 200 cas d'intoxications ont été rapportés auprès des centres antipoison et de toxicovigilance. La fin du mois d'août concentre près de 60 % des cas, en raison du retour de conditions météorologiques propices à la croissance et à la cueillette des champignons. 

Les régions les plus touchées par les intoxications aux champignons sont les régions du sud (Aquitaine, Midi-Pyrénées et Rhônes Alpes).

Dans un communiqué publié également le 3 septembre, la DGS, l'InVS et l'INPES rappellent les précautions à respecter lors de la cueillette des champignons et la conduite à suivre si des troubles surviennent après l'ingestion de champignons.


 
VIDAL.fr met à disposition des professionnels de santé libéraux la base Tox'In "Champignons", qui détaille les différents syndromes d'intoxication aux champignons, les champignons toxiques et les principales confusions, ainsi que les idées reçues.
Lactaires à toison (Lactarius torminosus), champignons roses à roux orangé poussant dans les bois de bouleaux, dont l'ingestion peut provoquer des troubles digestifs intenses (© Fédération Mycologique Dauphiné Savoie, via Tox'In, VIDAL

Lactaires à toison (Lactarius torminosus), champignons roses à roux orangé poussant dans les bois de bouleaux, dont l'ingestion peut provoquer des troubles digestifs intenses (© Fédération Mycologique Dauphiné Savoie, via Tox'In, VIDAL


L'InVS (Institut de veille sanitaire) a publié le 3 septembre 2015 les premières données issues de la surveillance des intoxications par champignons en France pour l'année 2015

Entre le début de la surveillance, le 29 juin, et le 30 août 2015, 212 cas d'intoxications ont été enregistrés par les CAPTV (centres antipoison et de toxicovigilance). Le réseau Oscour (réseau de surveillance coordonnées des passages aux urgences, couvrant actuellement environ 90 % des services d'urgences hospitalières) révèle que 157 passages aux urgences pour intoxication ont été enregistrés pendant cette même période.

"A ce jour, aucun décès ni cas grave n'a été répertorié par le réseau des centres antipoison", souligne l'InVS.

La pluie aoûtienne a favorisé la pousse des champignons... et donc les intoxications
Les données 2015 montrent que 59 % des cas d'intoxications ont été rapportés au cours des semaines 34 et 35 (les 2 dernières semaines d'août). Cette forte augmentation est à mettre en parallèle avec les conditions météorologiques caractérisée par un temps pluvieux, pendant cette période. "La reprise des précipitations favorise la pousse des champignons et donc leur cueillette", explique l'InVS.

Les causes d'intoxications sont principalement la confusion entre 1 espèce comestible et 1 espèce vénéneuse. Cependant, les données fournies par l'InVS ne précisent pas si des confusions sont plus fréquemment observées. Une liste des confusions possibles et des champignons toxiques est disponible sur la base Tox'In "Champignons" de Vidal.fr.

Les régions du sud davantage exposées
L'InVS propose une répartition régionale des cas d'intoxication enregistrées depuis le début de l'été en France. Les régions Aquitaine, Midi-Pyrénées et Rhône-Alpes comptabilisent à elles seules la moitié des cas :
  • Aquitaine : 47 cas, soit 22,1 % de l'ensemble des intoxications ;
  • Midi Pyrénées : 36 cas, soit 16,9 % ;
  • Rhône-Alpes : 27 cas, soit 12,7 %.
Ces régions sont particulièrement réputées pour leurs nombreux sites de cueillettes de champignons. 

Treize cas ont été enregistrés en région Franche-Comté (6,1 %) et 11 en Île de France (5,2 %).

Les recommandations dees autorités sanitaires pour les cueilleurs
L'intoxication par les champignons est problème de santé récurrent. Chaque année, "environ 3 décès et une vingtaine de cas graves sont observés", insiste l'InVS.

Face à cette situation et alors que la saison de la cueillette des champignons ne fait que débuter, la Direction générale de la santé (DGS), l'InVS et l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES) émettent à nouveau des recommandations pour minimiser les risques liés à la cueillette des champignons, tout en appelant à la vigilance de tous, cueilleurs habituels ou occasionnels :
  • ne pas ramasser les champignons non reconnus et être vigilants quant au risque de confusion : certains champignons vénéneux hautement toxiques ressemblent beaucoup aux espèces comestibles ;
  • les faire contrôler par un spécialiste : au moindre doute sur l'état ou l'identification de l'un des champignons récoltés, la récolte ne doit pas être consommée avant de l'avoir fait contrôler par un spécialiste en la matière (pharmaciens ou associations et sociétés de mycologie de votre région) ;
  • cueillir uniquement les spécimens en bon état, en prenant soin de prélever la totalité du champignon (pied et chapeau) afin de permettre l'identification ;
  • ne pas cueillir près de sites pollués (bords de routes, aires industrielles, décharges) car les champignons concentrent les polluants ;
  • séparer les champignons récoltés par espèce. Un champignon vénéneux peut contaminer les autres ;
  • déposer les champignons séparément, dans une caisse ou un carton mais jamais dans un sac plastique qui accélère le pourrissement ;
  • se laver soigneusement les mains après la récolte ;
  • conserver les champignons à part et dans de bonnes conditions au réfrigérateur et les consommer dans les deux jours au maximum après la cueillette ;
  • consommer les champignons en quantité raisonnable après une cuisson suffisante, ne jamais les consommer crus ;
  • ne jamais proposer de champignons cueillis à de jeunes enfants.

Que faire en cas de suspicion d'intoxication ? 
Un ou plusieurs symptômes peuvent traduire une intoxication par un champignon. Les signes cliniques peuvent être digestifs (diarrhée, vomissements, nausées), neurologiques (tremblements, vertiges, troubles de la vue) ou plus rarement hépatique (jaunisse) ou hématologique (anémie).

Les signes peuvent apparaître dans les 12 heures après la consommation.

En cas de symptômes évocateurs, il est recommandé d'appeler le « 15 » ou un centre antipoison rapidement, en mentionnant cette consommation. Une intoxication par champignon est souvent associée à une dégradation rapide de l'état du patient.

Idées reçues sur les champignons
Le risque d'intoxication est favorisé par un ensemble d'idées reçues répertoriées sur la base Tox'In "Champignons" de VIDAL.fr pour les professionnels de santé (liste établie par le SAMU 38 - Toxicologie Clinique du CHU de Grenoble)  :
  • Les champignons de printemps sont tous inoffensifs
  • Les champignons de la fin de l'automne sont tous comestibles
  • Les champignons se développant sur des arbres vivants sont tous comestibles
  • Les champignons prenant naissance sur des arbres en voie de décomposition, de la paille pourrie ou du fumier sont vénéneux
  • Certains champignons comestibles peuvent devenir dangereux s'ils ont été en contact avec des vipères, des crapauds et des plantes vénéneuses
  • Les champignons attaqués par les escargots, les limaces ou tout autre insecte sont comestibles
  • Les champignons de couleur violette sont comestibles
  • Tous les champignons visqueux sont vénéneux
  • Les champignons dont la chair change de couleur après avoir été entaillée sont dangereux
  • Les champignons qui sécrètent du latex aussi bien à l'état naturel qu'une fois entaillés, sont vénéneux
  • Les champignons amers, âcres ou piquants sont vénéneux
  • Les champignons qui exhalent une odeur de farine de froment fraîche sont comestibles
  • La dessication rend inoffensifs les champignons les plus vénéneux
  • Les champignons ingérés par des chiens ou des chats sont inoffensifs pour l'homme
  • Les champignons qui parviennent à transformer la couleur d'un objet en argent placé dans le récipient dans lequel ils sont cuisinés sont vénéneux
  • Les champignons qui font coaguler le blanc d'oeuf ou le lait sont dangereux alors que l'absence de ce type de réaction est une preuve de comestibilité
  • Un champignon à l'odeur agréable est comestible
  • Jeter l'eau de cuisson supprime la toxicité

Pour aller plus loin
Intoxications liées à la consommation de champignons au cours de la saison 2015. Point de situation au 02/09/2015. Données consolidées au 02/09/2015 (InVS, 3 septembre 2015)
Communiqué de presse : 212 cas d'intoxication liés à la consommation de champignons : restez vigilants ! (InVS, DGS et INPES, 3 septembre 2015)

Sur Vidal.fr
Base Tox'In "Champignons"

Sources : InVS (Institut de Veille Sanitaire)

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Vidal News du 2019-09-12

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