Epidémie de leishmaniose cutanée chez des scientifiques en Guyane Française

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Médecine des voyages

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En Guyane, parmi les membres d'une équipe multinationale de 24 scientifiques en mission en forêt équatoriale à Saül, commune située au cœur de la forêt amazonienne à 180 km de Cayenne, 7 ont présenté des symptômes de leishmaniose (ulcères sur les membres et les oreilles) 19 jours après leur retour. L'infection a été confirmée par examen histologique et biologie moléculaire : le parasite identifié est Leishmania braziliensis.

La maladie est causée par un parasite protozoaire et transmise par la piqûre d'un phlébotome (insecte de l'ordre des diptères, du sous-ordre des nématocères).

Deux formes cutanées peuvent être observées :

  • La leishmaniose cutanée est la forme la plus répandue. Elle provoque des lésions ulcératives sur le corps qui apparaissent des semaines ou des mois après l'infestation. Elle guérit habituellement en quelques mois, laissant des cicatrices. Le maladie peut passer à la chronicité sous la forme d'une leishmaniose viscérale. On la rencontre dans l'ancien monde, sur le pourtour méditerranéen et au moyen-orient où elle porte des noms divers selon les régions (Bouton d'Orient ou clou de Biskra sur le pourtour méditerranéen, Bouton d'Alep au Proche-Orient); dans le nouveau monde dans les zones forestières humides de l'Amérique du Sud.
  • La leishmaniose cutanéo-muqueuse qui détruit partiellement ou totalement les muqueuses du nez, de la bouche et de la gorge. Près de 90% des cas de leishmaniose muco-cutanée surviennent au Brésil, en Bolivie et au Pérou.

La leishmaniose cutanée à Leishmania braziliensis est en train d'émerger en Guyane Française. Son traitement repose sur l'antimoniate de méglumine (Glucantime®). La souche brésilienne ne répond pas à la pentamidine (Pentacarinat®) traitement de première ligne pour les autres souches.

Selon les US Centers for Diseases Control and Prevention la leishmaniose est de plus en plus observée chez les voyageurs revenant de pays latino-américains, en particulier à partir de la Bolivie, du Belize et de Guyane. L'augmentation de l'écotourisme et le développement économique dans la forêt amazonienne pourrait conduire à la propagation de l'infection.

La protection contre les piqûres de phlébotome est recommandée aux voyageurs qui vont effectuer des randonnées en forêt amazonienne :

  • Port de vêtements couvrants (manches longues et pantalons imprégnés d'insecticides, chaussures fermées).
  • Répulsifs sur la peau découverte, notamment au niveau de la tête.
  • Éviter les sorties nocturnes en forêt sans suivre les recommandations précédentes (attention les lampes frontales attirent les phlébotomes).
  • Les moustiquaires imprégnées d'insecticide sont fortement recommandées car le phlébotome, près petit insecte, arrive à passer dans les mailles.

Source : Promed.

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Vidal News du 2019-03-21

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