Mise en garde contre l'usage détourné des médicaments à base de dextrométorphane

Par DAVID PAITRAUD -
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L'ANSM alerte les professionnels de santé sur les risques d'usage détourné des médicaments à base de dextrométorphane, en particulier chez les adolescents et les jeunes adultes. Trente-neuf cas d'abus ont été signalés entre 2009 et 2013.
Le dextrométhorphane est notamment présent dans plusieurs sirops antitussifs (illustration).

Le dextrométhorphane est notamment présent dans plusieurs sirops antitussifs (illustration).


Le dextrométorphane est un dérivé morphinique antitussif d'action centrale indiqué pour soulager les toux sèches et d'irritation. Ce principe actif entre dans la composition de plusieurs médicaments en vente sans ordonnance. Ces médicaments pour administration orale sont présentés sous forme de sirops, gélules, comprimés, capsules, pastilles ou sachets-doses. 

Détournement en raison des effets psychoactifs
Depuis plusieurs années, cette substance est utilisée de façon détournée à des fins "récréatives" ou de "défonce", s'inquiète l'ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé). Ce comportement est observé chez certains polytoxicomanes, mais aussi chez des sujets sans antécédent connu de toxicomanie

Davantage de cas de mésusage chez les plus jeunes depuis 2009
Le nombre de signalements est en augmentation tandis que l'âge des individus concernés tend à diminuer. Ainsi, entre 2003 et 2008, 12 cas d'usage détourné ont été signalés, dont un décès, avec une moyenne d'âge de 30,5 ans (11-36 ans). Entre 2009 et 2013, 39 cas ont été signalés avec une moyenne d'âge de 21,4 ans (11-49 ans). "Dans quelques cas, cependant assez rares, l'usage abusif et détourné de ce médicament a conduit à une hospitalisation", souligne l'ANSM.

La France n'est pas le seul pays concerné, cette pratique étant signalée dans d'autres pays d'Europe et aux Etats-Unis. Une enquête officielle d'addictovigilance a été ouverte en 2012.

Quel comportement adopter pour les professionnels de santé ?
Malgré plusieurs campagnes de sensibilisation auprès des médecins et des pharmaciens en 2012 puis en 2014, le nombre d'abus lié au dextrométorphane est en augmentation.

L'ANSM réitère donc ses recommandations auprès des professionnels de santé afin de limiter cette pratique :
  • faire preuve d'une vigilance accrue face à toute demande de dextrométhorphane qui semblerait suspecte et émanant en particulier de jeunes adultes ou d'adolescents ;
  • s'assurer que les patients n'ont pas d'antécédents d'abus, de dépendance ou de comportement qui pourrait supposer un usage détourné lors de la prescription ou de la délivrance de ces spécialités ;
  • prescrire ou délivrer un autre antitussif en cas de doutes, ou ne délivrer qu'une seule boîte à la fois ;
  • pour les professionnels accueillant des jeunes dans des structures de prévention des drogues, être vigilant face à toute constatation de consommation de dextrométhorphane paraissant suspecte.
Par ailleurs, l'ANSM a demandé aux laboratoires commercialisant ces médicaments de mettre en place un plan commun de minimisation des risques développé sous l'égide de l'Afipa (Association française de l'industrie pharmaceutique pour une automédication responsable).

Pour aller plus loin :
Usage détourné de médicaments antitussifs à base de dextrométhorphane chez les adolescents et les jeunes adultes - Point d'Information (ANSM, 26 novembre 2014)
Liste des spécialités contenant du dextrométorphane (ANSM, 26 novembre 2014)

Sources : ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament)

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Vidal News du 2019-07-25

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