Baisse des dépenses liées aux médicaments de ville en 2013, mais hausse des volumes de prescriptions

Par Jean-Philippe RIVIERE -
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Comme chaque année, la  Caisse nationale d’Assurance maladie (CNAM) a fait, le 10 avril 2014, un point sur les dépenses de médicaments, qui représentent le premier poste de dépense des soins de ville.

En 2013, les remboursements de médicaments de ville ont donc enregistré une baisse de 0,4%, représentant 22,6 milliards d’euros (contre 22,7 en 2012). A l'inverse, les volumes de prescription ont augmenté de 1,2 % en 2013.

La CNAM appelle à "poursuivre l’effort"  pour diminuer encore ce "poste de dépenses important".

Edit 25 avril : cet appel a apparemment été entendu par le gouvernement, qui annonce vouloir faire une économie de 10 milliards d'euros sur les dépenses de l'Assurance Maladie d’ici 2017, dont "3,5 milliards d’euros en baissant les prix des médicaments et en favorisant les génériques", a précisé Marisol Touraine au journal Les Echos le 25 avril.


Une baisse modérée des dépenses, qui confirme cependant un retournement de tendance
Alors qu'en 2002, les dépenses liées aux médicaments remboursés augmentaient de 7 %, 12 ans plus tard elles diminuent, certes légèrement, de 0,4 % (0,8 % en 2012).
 
Les Français restent cependant largement champions d'Europe en termes de dépenses de médicaments par habitant :

Pour la CNAM, ces résultats restent tout de même encourageants : "cette évolution de la croissance des dépenses de médicaments entre 2002 et 2013 illustre le travail mené depuis plus d'une décennie par l'ensemble des acteurs concernés". Une tendance à la baisse que l'organisme public appelle à "poursuivre sur le long terme".
 
Baisse des prix et plus grande utilisation des génériques
Cette baisse des dépenses est imputée à deux facteurs principaux :
- la baisse des prix des médicaments remboursés : économie de 853 millions d'euros, soit 3,8 % ;
- les économies imputables aux génériques : le taux de substitution a progressé de 10,5 %, passant de 71,7 % en avril 2012 à 82,2 % en décembre 2013. De plus, les médecins ont davantage prescrits de génériques, même s'ils le font encore beaucoup moins que leurs confrères d'autres pays européens. L'incitation financière incluse dans le Rsop (Rémunération sur objectifs de santé publique) a probablement influé sur cette substitution effectuée directement sur la prescription.  

Mais croissance des volumes, des remboursements et de l'utilisation de traitements coûteux
Trois tendances contrebalancent les baisses des prix et l'utilisation des génériques, sans pour autant aboutir à une hausse globale des dépenses :
- Croissance des volumes de prescription : il y a eu environ 1,2 % supplémentaires de boîtes remboursées en 2013, peut-être en raison de l'importance des épidémies saisonnières (grippe, gastro-entérite, etc.) ;
- Augmentation des remboursements, a priori liée à l'augmentation des dépenses de médicaments pris en charge à 100 % ;
- Augmentation des dépenses liées à des médicaments coûteux. Cette augmentation, appelée "effet de structure" par la CNAM,  concerne en particulier les traitements du cancer (+ 8,1 %), les antiagrégants-antithrombotiques (+ 8,7 %) et les antidiabétiques(+ 6 %).

Les dépenses liées aux médicaments de spécialité sont en hausse
D'une manière générale, les dépenses liées aux médicaments des épisodes aigus, infectieux ou non, ont augmenté (grippe, gastroentérite, douleurs calmées par des antiacides, etc.) et aux maladies chroniques ont diminué, respectivement de 238 et 219 millions, à nouveau en raison des générications et baisse de prix.

Mais les dépenses liées aux médicaments de spécialité (sida, cancer, sclérose en plaque, dégénérescence maculaire liée à l'âge -DMLA-, etc.) ont augmenté de 356 millions en 2013. En sus des traitements du cancer, antiagrégants et antidiabétiques, les coûts liés aux médicaments antihrumatismaux ont également largement progressé en 2013 (+ 11,2 %), ainsi que ceux de la sclérose en plaques (+ 19,4 %) et de la DMLA (+ 12,9 %). Les ventes d'inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) ont par contre baissé de 24,2 % (baisse des prix + substitution), tout comme celles des médicaments de l'hypertension artérielle (- 6,8 %) et des hypolipémiants (-8,6 %). Là encore, ces baisses sont liées à la substitution et à la diminution des prix.

Les 10 premiers médicaments totalisent 2,8 milliards d'euros de remboursements
Comme en 2012, le 1er médicament de ville remboursé est le LUCENTIS, avec 428 millions remboursés, malgré une baisse de son prix :
 

L'Assurance Maladie explique la hausse étonnante des prescriptions de DOLIPRANE (+ 14 %) par le "contexte épidémique hivernal particulièrement long et intense" en 2013. Auquel cas, vu la douceur de l'hiver dernier, ces dépenses devraient s'effondrer en 2014…

En savoir plus :
-"Médicaments de ville : une nouvelle baisse des dépenses en 2013" (fichier PDF), ameli.fr, avril 2014

Sources : AMELI

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