Médicaments anticoagulants : actualisation du rapport de l'ANSM

Par David PAITRAUD -
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Utilisés en prévention et en traitement des maladies thrombo-emboliques, les anticoagulants regroupent des médicaments qui diffèrent par leur mode d'administration et d'action (héparine, anti-vitamines K, anticoagulants d'action directe). Les anticoagulants font l'objet d'une surveillance renforcée en raison de leur risque iatrogénique.

Dans le cadre du bon usage de ces médicaments, l'ANSM vient de publier un rapport de synthèse sur l'utilisation des anticoagulants en France en 2014 et sur les actions menées en 2013 pour améliorer leur utilisation. 
Evolution annuelle d\'utilisation (%) des AOD et des AVK de 2007 à 2013, données EGB (extrait du rapport 2014* de l\'ANSM)

Evolution annuelle d\'utilisation (%) des AOD et des AVK de 2007 à 2013, données EGB (extrait du rapport 2014* de l\'ANSM)


"Le rapport bénéfice/risque positif des anticoagulants, toutes classes confondues, est conditionné par leur bon usage", insiste l'ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) en introduction du rapport de synthèse sur les anticoagulants. Ce document récemment publié offre un état des lieux sur l'utilisation des anticoagulants injectables (héparines principalement) et oraux (anti-vitamines K et NACO) en France, et rappelle, à l'attention des professionnels de santé, les actions menées pour encadrer le risque iatrogénique, en particulier le risque hémorragique lié à ces médicaments.

Quelques données chiffrées
Les ventes d'anticoagulants oraux ont doublé entre 2000 et 2012. En 2013, 3,12 millions de patients ont reçu au moins un anticoagulant.

L'exposition aux anticoagulants augmente avec l'âge et on estime que 13,7 % des sujets âgés de 65 ans et plus ont été exposés au moins une fois à un anticoagulant en 2013.
 
Des règles de bon usage et des actions concrètes
Le respect des règles de bon usage vise à garantir une utilisation sécurisée des médicaments anticoagulants :
  • une très bonne connaissance et le strict respect par les prescripteurs des conditions d'utilisation des AMM (autorisation de mise sur le marché) de ces médicaments (indications, posologies, schéma d'administration, durées de traitement, contre-indications et précautions d'emploi, prise en compte des interactions médicamenteuses, etc), 
  • le respect des recommandations de bon usage de la Haute autorité de santé (HAS),
  • un usage adapté à chaque patient et la surveillance en cours de traitement avec réévaluation régulière de la tolérance et de l'efficacité,
  • une coordination optimale du parcours de soins,
  • une bonne adhésion des patients (information, observance, éducation thérapeutique).

L'accompagnement des patients dans leur traitement mais aussi des prescripteurs prenant en charge ces derniers est également un élément essentiel pour favoriser le bon usage des anticoagulants. Cet accompagnement se concrétise en pratique par :
  • la mise à disposition d'outils spécifiques, tels que des carnets de suivi et des cartes de surveillance pour les patients ;
  • l'élaboration de guides de prescription pour les médecins ;
  • la mise en place à partir de 2013 des entretiens pharmaceutiques réalisés par les pharmaciens au sein des officines pour faciliter le suivi des patients.

A propos des NACO/AOD
Une classe d'anticoagulants, celle des AOD (anticoagulants oraux directs), également appelés NACO (nouveaux anticoagulants oraux), a retenu particulièrement l'attention au cours de l'année 2013. En effet, ces médicaments (apixaban, dabigatran, rivoxaban) constituent une classe hétérogène en termes de recommandations d'utilisation et de profils pharmacologiques, rendant leur utilisation complexe et parfois inappropriée. Pour rappel, en 2013, l'ANSM a mis en garde les professionnels de santé contre le risque hémorragique observé avec ces NACO. 

En outre, il n'existe pas de recommandations robustes concernant :
  • la mesure de l'activité anticoagulante des AOD dans certaines situations (surdosage/surexposition, chirurgie/acte invasif urgents à risque hémorragique, etc),
  • la prise en charge des saignements graves survenant chez les patients recevant un AOD, en l'absence d'antidote spécifique ou de protocole validé permettant la neutralisation rapide de l'effet anticoagulant (protocole d'antagonisation).

Les AOD font par conséquent l'objet d'une surveillance renforcée au niveau national et européen. Dans ce cadre, l'ANSM et la CNAMTS ont lancé deux études de pharmaco-épidémiologie actuellement en cours et qui ont pour but de comparer les profils de risques, en particulier hémorragiques, entre les patients traités par AOD en relais d'un traitement par AVK et ceux restés sous AVK (étude pilotée par l'ANSM) et entre les patients initiateurs d'AOD et d'AVK (étude pilotée par la CNAMTS).

Pour aller plus loin :
Communiqué - Actualisation du rapport sur les anticoagulants en France : Etat des lieux en 2014 et recommandations de surveillance (ANSM, 14 avril 2014)
Rapport sur les anticoagulants en France en 2014 : Etat des lieux, synthèse et surveillance (ANSM, avril 2014)
Fibrillation auriculaire non valvulaire - Quelle place pour les anticoagulants oraux non antivitamine K : apixaban (Eliquis®), dabigatran (Pradaxa®) et rivaroxaban (Xarelto®) - Fiche BUM (HAS, juillet 2013)

Sur Vidal.fr :
Nouveaux anticoagulants oraux (NACO) : état des lieux et plan d'actions pour renforcer leur bon usage (28 novembre 2013)
Nouveaux anticoagulants oraux : mise en garde sur les facteurs de risque hémorragique (12 septembre 2013)

Sources : ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament)

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Vidal News du 2017-04-27