Enquête IPSOS - LEEM : les Français interrogés de plus en plus préoccupés par la sécurité des médicaments

Par Jean-Philippe RIVIERE -
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Les résultats 2014 de l’Observatoire sociétal du Leem (Les Entreprise du Médicament) ont été rendus publics le 10 avril.

Parmi les principaux résultats de cette enquête, effectuée chaque année par Ipsos auprès de 1017 personnes "représentatives de la population nationale", un net recul de la confiance dans le médicament (-12 %). Ce recul, qui affecte particulièrement les médicaments non remboursés, paraît motivé par des interrogations sur la sécurité plutôt que sur l’efficacité.

 
Cette enquête montre une progression inquiétante de la défiance envers les médicaments.

Cette enquête montre une progression inquiétante de la défiance envers les médicaments.


Une confiance dans le médicament toujours élevée, mais en baisse
Trois Français sur 4 déclarent faire "tout à fait" ou "plutôt" confiance aux médicaments, chiffre en baisse de 12 % par rapport à 2013 :

De même, la confiance diminue dans les médicaments pris par les personnes interrogées : 85 % en 2014, contre 92 % en 2013.

Cette progression de la défiance affecte tous les médicaments, remboursables, non remboursables, génériques, les vaccins et l'homéopathie :
 
Des interrogations grandissantes sur la sécurité des médicaments
Plusieurs indicateurs de cette enquête montrent une progression de doutes sur la sécurité des médicaments, en particulier non remboursés :
- Près d'un Français sur 4 (23 %) estime que la sécurité des médicaments "a régressé" depuis 5 ans.
- La part de Français interrogés jugeant que les effets secondaires sont "mieux maîtrisés" est en baisse de 11 points.
- Seuls 44 % des répondants estiment que "les médicaments sont mieux contrôlés qu'il y a 20 ans", chiffre en baisse de 15 points par rapport à 2013
- 22 % estiment que "les médicaments sont plus risqués aujourd'hui qu'il y a 20 ans", chiffre faible mais en progression de 5 points depuis 2013.

Un sentiment d'insécurité lié à un manque d'information et la perception de plusieurs menaces
Ce sentiment de baisse de la sécurité, qui va à l'encontre du renforcement majeur des contrôles nationaux et internationaux  effectués par les autorités de santé et les laboratoires, pourrait s'expliquer par plusieurs facteurs, toujours selon les résultats de cette enquête :
- un manque d'information : 24 % des répondants seulement disent "être bien informés" sur la sécurité des médicaments.  82 % se disent "mal informés sur le rapport bénéfices-risques du médicament". Seuls 54 % jugent que "les médicaments disponibles sur le marché sont sûrs". Du coup, 65 % évitent autant que possible d'en prendre. Enfin, 83 % se disent "mal informés sur le processus d'autorisation de marché des médicaments". Pour la mise sur le marché d'un médicament, les répondants privilégient, à 67 %, le principe de précaution : "ne prendre aucun risque, car cela peut être dangereux".
- Perception de "menaces pesant sur la santé des patients": la contrefaçon des médicaments est la principale menace citée par 83 % des répondants. Les autres menaces perçues sont "la vente de médicaments sur internet" (66 %), les "délocalisations des productions" (50 %) et les "ruptures de stock dans les pharmacies" (23 %).
 
En cas d'effet secondaire, le médecin traitant est l'interlocuteur privilégié
En cas d'effets secondaires avec un médicament, le médecin traitant reste le premier acteur sollicité par les patients (77 %). Seuls 1 % des répondants font une déclaration aux autorités de santé. Ils estiment d'ailleurs que pour une "surveillance optimale" des effets secondaires, il faudrait les signaler en priorité au médecin traitant (63 %) :
 
 

Pour l'information sur le médicament, les professionnels de santé sont plébiscités, à l'inverse d'internet et des responsables politiques
Les professionnels de santé sont les interlocuteurs de confiance privilégiés "en matière d'information sur les médicaments", ainsi que les chercheurs et la notice des médicaments. A l'inverse, les responsables politiques et les médias, en particulier internet, suscitent le moins de confiance :

 

En conclusion : une progression alarmante de la défiance qui devrait interpeller tous les acteurs du secteur
Pour le Leem, "les résultats de l'Observatoire 2014 constituent un signal d'alarme pour l'ensemble des acteurs du système de santé, car la confiance dans le médicament est une construction collective".

Le Leem explique cette baisse de confiance par le "phénomène de défiance généralisé qui se développe dans la société française" et par la "multiplication d'informations plus ou moins fiables et non hiérarchisées", ainsi que "la confusion sur l'origine des émetteurs".

Le Leem invite donc les différents acteurs (pouvoirs publics, professionnels de santé, associations de patients, etc.) à "repenser ensemble la politique d'information sur le médicament".

Vaste défi, qui concerne également VIDAL bien sûr : afin de renforcer la clarté de l'information des patients sur le médicament, nous avons mis en ligne un site destiné au grand public, Eureka Santé, qui reprend et enrichit les contenus vulgarisés du Vidal de la famille.

Jean-Philippe Rivière

En savoir plus :
- "Résultats du 4ème baromètre IPSOS pour le Leem", avril 2014 (fichier PDF dont sont extraits les résultats et infographies de cet article)
- "Médicament : que disent aujourd'hui les Français ?", communiqué de presse du Leem, 10 avril 2014

Sur Vidal.fr : les résultats du 3ème baromètre IPSOS – LEEM, mars 2013
 

Sources : Leem

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Vidal News du 2017-06-22