Vaccination des nourrissons contre les rotavirus : recommandée par le HCSP

Par DAVID PAITRAUD -
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La vaccination contre les infections à rotavirus chez les nourrissons de moins de 6 mois est désormais recommandée par le HCSP (Haut Comité de la santé publique), sous réserve d'une politique tarifaire conduisant à un rapport coût/efficacité acceptable pour les deux vaccins existants : ROTARIX et ROTATEQ. Cet avis tient compte de nouvelles données de morbi-mortalité sur les gastro-entérites en France et de données récentes d'efficacité et de sécurité vaccinale.
Les rotavirus sont la 1re cause de diarrhée aiguë sévère du jeune enfant dans le monde  (image : @ F.P. Williams, U.S. EPA, Wikimedia).

Les rotavirus sont la 1re cause de diarrhée aiguë sévère du jeune enfant dans le monde (image : @ F.P. Williams, U.S. EPA, Wikimedia).


Le HCSP (Haut Comité de la santé publique) recommande désormais la vaccination contre les rotavirus des nourrissons de moins de 6 mois, selon le schéma vaccinal suivant :
  • 2 doses (2ème et 3ème mois de vie) pour le vaccin monovalent (ROTARIX) ;
  • 3 doses (2ème, 3ème et 4ème mois de vie) pour le vaccin pentavalent (ROTATEQ).
 
Le respect de ce calendrier vaccinal est essentiel afin d'assurer l'achèvement précoce de la série vaccinale.
Ces vaccins administrés par voie orale peuvent être co-administrés avec les vaccins du calendrier vaccinal du nourrisson.
 
Le HCSP souligne que "cette stratégie ne devrait être mise en place que si les prix des vaccins conduisent à des ratios coût/efficacité acceptables". Pour mémoire, les vaccins ROTARIX et ROTATEQ ne sont pas remboursables à ce jour.
 
Evolution de la position du HCSP
Dans son dernier avis émis en 2010, le HCSP ne recommandait pas la vaccination des nourrissons âgés de moins de 6 mois contre les rotavirus. En 2013, tenant compte des nouvelles données disponibles, le HCSP a décidé de réévaluer sa position, en considérant notamment :
  • les données épidémiologiques relatives aux gastro-entérites à rotavirus, en termes d'hospitalisation et de décès ;
  • l'impact négatif, en termes d'organisation du système de santé, de la survenue concomitante des épidémies hivernales d'infection à rotavirus et d'infections respiratoires ;
  • l'impact désormais limité des campagnes d'incitation à mieux utiliser les solutés de réhydratation orale pour le traitement des diarrhées aiguës du nourrisson âgé de moins de 1 an ;
  • l'impact bénéfique démontré, dans les pays industrialisés, de la vaccination des nourrissons contre les rotavirus, qui réduit le taux d'hospitalisation de plus de 80 % ;
  • les données en faveur d'une immunité de groupe, en cas de couverture vaccinale élevée ;
  • l'évaluation désormais précise du risque de survenue d'invaginations intestinales aiguës post-vaccination, pour les deux vaccins ;
  • l'absence de conséquences sur la santé humaine de la présence de fragments de circovirus porcins présents dans les deux vaccins.
 
Des recommandations spécifiques au risque de survenue d'invaginations intestinales
Le HCSP recommande également :
  • la poursuite du suivi renforcé de pharmacovigilance, initié en janvier 2012, relatif à la notification des invaginations intestinales aiguës ;
  • la poursuite de la surveillance active des souches virales circulantes.
 
Le HCSP recommande que l'information sur le risque d'invagination intestinale aiguë soit systématiquement délivrée par les professionnels de santé aux parents des enfants vaccinés. Cette information doit préciser :
  • que l'invagination intestinale aiguë est un phénomène d'occlusion intestinale qui se produit habituellement de façon spontanée en dehors de toute vaccination contre le rotavirus, mais qu'il existe une légère augmentation de la fréquence de ce phénomène dans la semaine qui suit l'ingestion de ce vaccin ;
  • les signes cliniques évocateurs d'invagination intestinale aiguë chez le nourrisson : accès de pleurs, refus de s'alimenter ou de boire, vomissements, pâleur, hypotonie ;
  • que l'observation de ces signes, particulièrement dans les 7 jours suivant l'administration du vaccin, doit inciter les parents de ces enfants à consulter sans délai pour une prise en charge médicale rapide, si possible en structure pédiatrique bénéficiant de la radiologie interventionnelle et d'un plateau médico-chirurgical. En effet, une prise en charge rapide et adaptée permet le plus souvent de réduire l'invagination par simple lavement. Une prise en charge tardive ou certaines formes compliquées nécessitent le recours à la chirurgie, endoscopique ou traditionnelle.
 
Sources et ressources complémentaires

Sources : HCSP (Haut Conseil de la Santé Publique)

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Vidal News du 2017-09-14

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