Le 3e Plan Cancer 2014-2019 vise, en particulier, à réduire les inégalités sociales

Par Stéphane KORSIA-MEFFRE -
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François Hollande vient de présenter les recommandations du 3e Plan Cancer 2014-2019. Celui-ci propose des objectifs ambitieux en matière d’accès aux meilleurs soins pour tous. Des mesures importantes destinées aux personnes en rémission ou guéries sont également proposées. Malheureusement, une fois de plus, les mesures en terme de prévention restent timides.
Présentation du plan cancer

Présentation du plan cancer

Principale cause de mortalité en France avec 148 000 décès estimés en 2012 et 355 000 nouveaux cas par an, le cancer coûte chaque année 14 milliards d'euros à l'État. Depuis 2004, la prise en charge du cancer en France est développée à travers des Plans Cancer qui fixent les objectifs à atteindre dans les cinq années à venir. Les deux premiers Plans ont permis d'améliorer considérablement la qualité des soins et, avec les traitements innovants, d'améliorer le pronostic d'un grand nombre de cancers.

Cependant, le bilan du 2e Plan Cancer a montré que ses objectifs relatifs à la réduction des inégalités sociales en santé n'avaient pas été atteints. Logiquement, ces objectifs ont été placés en haut de la liste de ceux du 3e Plan Cancer 2014-2019, présenté le 4 février par le Président de la République.
 
Un nouveau dépistage organisé pour le cancer du col de l'utérus
Il existe en France deux dépistages organisés du cancer : la mammographie pour dépister le cancer du sein et le test Hemoccult pour dépister le cancer colorectal. Désormais, le cancer du col de l'utérus fera également l'objet d'un dépistage organisé (un frottis vaginal tous les trois ans). En effet, ce cancer tue encore plus de mille femmes par an, alors que son dépistage précoce permet d'éviter la maladie.

Cette mesure, associée à l'ambition de doubler la vaccination des jeunes filles contre certains papillomavirus impliqués dans la survenue du cancer du col, devrait permettre une quasi-éradication de ce cancer, pour peu que les femmes veillent à faire des tests de dépistage qui leur seront recommandés.

Dépistage du cancer du sein

Des délais d'IRM plus courts et un dossier médical communiquant
À travers le 3e Plan Cancer, l'État s'engage à débloquer 15 millions d'euros pour l'achat d'IRM. L'objectif est que les patients n'aient pas à attendre plus de trois semaines pour faire une IRM (contre quatre semaines en moyenne aujourd'hui), quel que soit leur lieu de résidence. De plus, pour chaque patient, un dossier médical informatisé sera créé, accessible à tous les professionnels de santé qui participent au soin des personnes atteintes de cancer. Cette mesure devrait permettre une meilleure harmonisation des soins et la réduction des examens redondants.
 
Des traitements innovants plus facilement accessibles
Grâce à des procédures administratives d'autorisation plus rapides et un doublement du nombre d'essais cliniques (en particulier ceux menés outre-mer et ceux concernant des cancers des enfants), le 3e Plan Cancer vise à accélérer et étendre l'accès aux nouveaux traitements. Néanmoins, l'État restera vigilant sur les coûts de ces traitements innovants et continuera à maîtriser leur prix.
 
La chirurgie réparatrice pour tous ?
Certains traitements chirurgicaux sont mutilants. Or aujourd'hui, la chirurgie réparatrice n'est pas toujours suffisamment remboursée, ce qui crée des inégalités selon les revenus du patient. Le 3e Plan Cancer donne mission aux Agences régionales de santé de mettre en place, dans chaque région, une offre de chirurgie réparatrice accessible sans frais.
 
Un programme personnalisé de l'après-cancer
Parce que le taux de rémission et de guérison des cancers a fortement augmenté depuis dix ans, il est fréquent qu'un patient souhaite reprendre une vie active. Diverses mesures du 3e Plan Cancer vont dans ce sens : établissement d'un programme personnalisé de l'après-cancer en lien avec le médecin généraliste, droits renforcés à un aménagement du temps de travail et à une formation professionnelle, abaissement du nombre d'heures de travail trimestrielles nécessaires pour recevoir des indemnités, etc. Les enfants atteints de cancer ne sont pas oubliés : leurs cours par correspondance pendant la maladie seront gratuits, y compris pour les étudiants.

Pour les patients guéris (pas de rechute après cinq ans), le 3e Plan Cancer appelle à un "droit à l'oubli" de la part des banques et des assurances, afin que ces personnes puissent emprunter de l'argent sans surprime exorbitante (comme c'est le cas aujourd'hui à travers la convention AERAS).

arrêt du tabac contre le cancer

Des mesures de prévention en demi-teinte
Sur le versant prévention, le 3e Plan Cancer laisse les professionnels et les associations de patients sur leur faim. Les mesures préconisées pour lutter contre le tabagisme restent classiques et risquent de n'avoir qu'un effet limité : campagnes grand public, soutien financier des dispositifs de sevrage renforcé pour les moins de 30 ans (150 € par an remboursés au lieu des 50 € actuels), augmentation du prix des cigarettes, etc.

Les autorités de santé peinent visiblement à trouver des mesures innovantes pour lutter contre le tabagisme, responsable de 30 % des décès par cancer en France. La lutte contre l'alcoolisme est, elle, quasiment passée sous silence alors que l'excès de boissons alcooliques est responsable de 15 % des cancers en France.
 
Ce 3e Plan Cancer sera financé à hauteur de 1,5 milliards d'euros sur cinq ans, dont 50 % iront à de nouvelles mesures.

Ressource complémentaire :
"Lancement du Plan cancer 2014-2019", Inca, 4 février 2014

Sources : Ministère des Solidarités et de la Santé

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