L'Académie de médecine appelle au don de cerveau post-mortem pour aider la recherche

Par DAVID PAITRAUD -
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L'Académie de médecine recommande d'élargir l'autorisation du don d'organes post mortem au don de cerveau dans le but de faire progresser la recherche sur le vieillissement cérébral et les maladies neurodégénératives.
Réseau neuronal (illustration)

Réseau neuronal (illustration)


L'Académie de médecine a lancé un appel au don post-mortem de cerveau. "La recherche bute aujourd'hui sur un obstacle majeur : la pénurie de cerveaux à étudier induite par la disparition programmée de l'autopsie scientifique en France", argumentent les académiciens qui recommandent que l'autorisation du don d'organe post-mortem en vue d'une greffe soit élargie au don de cerveau pour aider la recherche sur le vieillissement cérébral et les maladies neurodégénératives.
 
L'autopsie cérébrale est utile
L'autopsie du cerveau reste en effet très utile pour chercher des données sur les lésions cérébrales (leur composition chimique par exemple), données que les méthodes d'imagerie médicale (IRM, scanner, échographie) ne permettent pas d'obtenir.

L'Académie note par exemple que les autopsies pratiquées sur le cerveau ont permis de mettre en évidence les notions suivantes :
  • la maladie d'Alzheimer ne représente qu'une partie des démences dégénératives ;
  • la fréquence des démences mixtes, notamment dégénératives et vasculaires, a été largement sous-estimée ;
  • certaines des lésions qui caractérisent plusieurs démences dégénératives surviennent dès l'enfance ou l'adolescence.
 
Prélèvements de cerveau sur les malades et les non malades
En France, une banque nationale de cerveaux, le GIE Neuro-CEB, a été créée pour collecter les prélèvements de cerveaux réalisés dans les principaux CHU français. A ce jour, le GIE dispose d'une autorisation pour la recherche sur la maladie d'Alzheimer, la maladie de Parkinson, les  ataxies cérébelleuses et la sclérose en plaques. 
 
Les personnes non atteintes par une maladie cérébrale sont également concernées par le don post-mortem de cerveau, les chercheurs ayant besoin de disposer de cerveaux témoins.
 
Ce que l'Académie recommande
Actuellement, un formulaire de consentement est nécessaire pour autoriser le prélèvement post-mortem de cerveau. Ce formulaire peut être demandé auprès du GIE Neuro-CEB.
Pour favoriser le don de cerveau, l'Académie nationale de médecine recommande que : 
  • le nom de la personne de confiance, à qui revient la décision du don d'organe après le décès du patient, soit systématiquement indiqué au médecin traitant, et que ses coordonnées soient notées lors de toute hospitalisation ;
  • le don du cerveau post-mortem pour la recherche scientifique soit inclus dans le dispositif de don d'organes en général (en vue d'une greffe) ;
  • le développement des centres de ressources biologiques (neurothèques, tumorothèques, centres de maladies rares...) soit poursuivi pour permettre la conservation et l'exploitation des dons post mortem, dans le strict respect de l'éthique et de l'anonymat. 
 
Sources et ressources complémentaires
 

Sources : Académie nationale de médecine

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