DIANE 35 et ses génériques : remise à disposition mi-janvier sur le marché français

Par DAVID PAITRAUD -
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Sept mois après la suspension de leur AMM, DIANE 35 et ses génériques (association de cyprotérone acétate 2 mg et d'éthinylestradiol 35 µg) font leur retour sur le marché français à partir de mi-janvier 2014.

Outre une restriction de l'indication et une modification des contre-indications, cette remise à disposition fait l'objet d'une surveillance renforcée, notamment concernant le risque thromboembolique. 
La remise sur le marché de DIANE 35 et de ses génériques est très encadrée.

La remise sur le marché de DIANE 35 et de ses génériques est très encadrée.


L'ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) informe les professionnels de santé de la remise à disposition, à partir de mi-janvier 2014, de DIANE 35 et de ses génériques (cyprotérone acétate 2 mg et éthinylestradiol 35 µg) et des nouvelles modalités d'utilisation de ces médicaments.
 
Pour rappel
En février 2013, une réévaluation européenne du rapport bénéfice/risque des spécialités contenant l'association acétate de cyprotérone 2 mg et éthinylestradiol 35 µg a été initiée à la demande de la France, qui avait décidé fin janvier de suspendre l'AMM de ce médicament.

Malgré les conclusions du PRAC (Comité pour l'évaluation des risques en matière de pharmacovigilance) favorables au maintien de ces spécialités sur le marché, sous réserve de modifications de l'indication, des contre-indications et des précautions d'emploi, l'ANSM avait maintenu sa décision de suspendre les AMM (autorisations de mise sur le marché) de DIANE 35 et de ses génériques (MINERVA, EVEPAR, CYPROTERONE/ETHINYLESTRADIOL TEVA) en mai 2013, dans l'attente de la décision finale de la Commission européenne. 
 
Un anti-acnéique de deuxième intention
Conformément à la décision finale européenne, rendue le 25 juillet 2013, la remise à disposition en France de ces spécialités va donc survenir courant janvier, mais elle est conditionnée par des modifications relatives à l'indication, aux contre-indications et aux précautions d'emploi.

L'indication de DIANE 35 et de ses génériques est donc désormais restreinte au traitement de seconde intention de l'acné modérée à sévère dans un contexte d'hyperandrogénie, après échec d'un traitement topique ou d'un traitement antibiotique systémique, chez les femmes en âge de procréer.

DIANE 35 et ses génériques sont également indiqués dans l'hirsutisme.
 
Dans la mesure où l'association acétate de cyprotérone 2 mg et éthinylestradiol 35 µg est également un contraceptif hormonal, elle ne doit pas être utilisée en association avec d'autres contraceptifs hormonaux.
 
Renforcement des précautions d'emploi
Les études observationnelles ont montré que le risque thromboembolique veineux (TEV) est 1,5 à 2 fois plus important chez les utilisatrices de ces médicaments que chez les utilisatrices de contraceptifs oraux combinés (COC) contenant du lévonorgestrel. Ce risque pourrait être similaire à celui associé aux COC contenant du désogestrel, du gestodène ou de la drospirénone.

Le sur-risque TEV est plus important pendant la première année d'utilisation, qu'il s'agisse :
  • d'une initiation de traitement,
  • d'une reprise de traitement,
  • ou du remplacement d'un COC par DIANE 35 ou ses génériques après un arrêt d'au moins un mois.
Les données concernant le risque thromboembolique artériel (TEA) de DIANE 35 et de ses génériques sont peu nombreuses et indiquent que ce risque est inférieur à celui des TEV.

L'AMM de DIANE 35  et de ses génériques a donc été modifiée afin d'y préciser le risque TEV. Les informations concernant les facteurs de risque tels que l'âge, le tabagisme, l'obésité et l'immobilisation prolongée, ont été renforcées.
 
Sensibilisation des professionnels de santé et des femmes
L'ANSM souligne l'importance de sensibiliser les professionnels de santé et les utilisatrices quant au risque de TEV, afin de prévenir les complications graves y compris le risque de décès et de faciliter un diagnostic rapide et correct de la TEV.
 
Pour cela, la Commission européenne demande qu'un Plan de Gestion du Risque (PGR) soit mis en place par les laboratoires concernés, incluant la mise en place de mesures de minimisation du risque et notamment d'études d'utilisation du médicament. Un matériel éducationnel sera par ailleurs mis à disposition des prescripteurs et des patientes dans les semaines à venir.

Dans le cadre de cette surveillance supplémentaire qui permettra l'identification rapide de nouvelles informations relatives à la sécurité, les professionnels de santé doivent déclarer tout effet indésirable suspecté.
 
Sources et ressources complémentaires
Lettre aux professionnels de santé (sur le site de l'ANSM, janvier 2014)

Sources : Commission européenne, EMA (European Medicines Agency), ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament)

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Vidal News du 2019-09-12

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