Dr Michel Chassang (CSMF, UNAPL) : "Non à la généralisation du tiers payant !"

Par Jean-Philippe RIVIERE -
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La ministre de la santé Marisol Touraine a proposé la généralisation du tiers payant pour 2017. 

Le Dr Michel Chassang, médecin généraliste, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) et de l'Union nationale des professions libérales (UNAPL), s’inquiète d’une dématérialisation des relations financières entre les médecins et leurs patients. 

L'ensemble des vidéos issues de notre entretien avec Michel Chassang est regroupé sur cette page de Vidal.fr


VIDAL : Que pensez-vous de l'annonce de la généralisation du tiers payant en 2017 ?
Dr Michel Chassang : Pour ce qui nous concerne, nous n'avons aucun état d'âme quant à la généralisation du tiers payant pour les patients qui sont en CMU-C et ceux qui sont redevables de l'aide à l'acquisition d'une complémentaire. Encore faut-il, évidemment, que les moyens de mise en œuvre restent simples, que cela ne représente pas un coût pour le médecin et que ce dernier ait la garantie d'être honoré.

En revanche, tout ce qui relève de la généralisation du tiers payant ne relève pas d'un problème pratique, mais d'un problème politique. Cela veut dire que l'on veut dématérialiser toutes les relations financières entre les médecins et les patients. Et là, nous disons "non".

VIDAL : Quelle alternative propose la CSMF ?
Dr Michel Chassang : Nous pouvons fort bien utiliser ce qui existe déjà : la dématérialisation des échanges financiers, en particulier en utilisant des cartes de paiement. Nous proposons un paiement monétique qui soit une alternative libérale à la généralisation étatique du tiers payant que voudrait nous imposer le gouvernement.

Nous sommes là dans un schéma qui garderait une indépendance au professionnel, qui garderait une possibilité d'accès aux soins au patient puisqu'il serait débité lorsqu'il serait remboursé sur son compte bancaire. Ainsi, nous pourrions construire quelque chose qui serait conforme avec l'esprit libéral.

VIDAL : L'esprit libéral est-il partagé par tous ? Les études montrent qu'une partie des jeunes médecins souhaitent être salariés en ville.
Dr Michel Chassang : Je pense qu'il n'y a pas de médecine libérale sans paiement à l'acte : déconnecter la rémunération du professionnel de la productivité, ce serait aller vers une fonctionnarisation de la médecine.
C'est vrai qu'il y a un certain nombre de missions, un certain nombre de fonctions qui relèvent d'un paiement forfaitaire. Mais le paiement essentiel, la base de la rémunération des médecins doit rester le paiement à l'acte.

Pour cela, il faut maintenir un paiement direct entre le patient et le médecin. Alors que l'on mette en place des dispositifs qui permettent de mieux accéder aux soins pour les plus pauvres, nous y sommes tout à fait favorables. Que l'on mette en place des dispositifs qui permettent de favoriser les relations financières entre les médecins et les patients, nous y sommes également tout à fait favorables.

Cela existe dans toute la société : lorsque l'on va dans un supermarché ou dans un lieu de consommation, on donne sa carte de crédit. On peut développer cela mais, de grâce, nous ne sommes absolument pas d'accord sur la généralisation de ce tiers payant.

Propos recueillis le 19 novembre 2013 par Jean-Philippe Rivière au siège de la CSMF

Sources : CSMF

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Vidal News du 2017-05-18