Etude (Inserm) : le suivi étroit des recommandations nutritionnelles du PNNS diminuerait le risque cardiovasculaire

Par Jean-Philippe RIVIERE -
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Plusieurs chercheurs de l’Inserm ont étudié les données cliniques et biologiques de 7902 adultes français participant à l’étude NutriNet-Santé.

Selon leur analyse, publiée dans la revue PloS ONE et résumée en français sur le site de l’Inserm, le respect des mesures nutritionnelles préconisées par le Programme National Nutrition Santé (PNNS) est associé à un moindre risque de syndrome métabolique, et donc de maladies cardiovasculaires, en particulier chez les hommes.
Le PNNS recommande de consommer au moins 5 fruits et légumes par jour, des céréales complètes, peu d'alcool et de sel.

Le PNNS recommande de consommer au moins 5 fruits et légumes par jour, des céréales complètes, peu d'alcool et de sel.


NutriNet-Santé, une cohorte de milliers d'internautes suivis pendant au moins 5 ans
NutriNet-Santé a été lancée en France en mai 2009 grâce à des financements publics (Inserm, INRA, ministère de la santé, etc.). L'objectif : inciter 500 000 "Nutrinautes" volontaires à s'inscrire sur le site NutriNet-Santé et les suivre pendant au moins 5 ans pour mieux appréhender et évaluer les relations entre les comportements alimentaires et la santé.

Ces "Nutrinautes" remplissent au moins une fois par an plusieurs questionnaires en ligne destinés à évaluer leur santé, leur mode de vie, leurs constantes (poids, tension..), etc.

Près de 8 000 Nutrinautes participent à une évaluation clinique et biologique supplémentaire
L'étude NutriNet-Santé est toujours en cours. Parmi les volontaires, 7902 adultes ayant détaillé leurs habitudes alimentaires ont accepté de se rendre à une visite médicale comportant plusieurs mesures spécifiques (évaluation précise de l'adiposité, estimation qualitative et quantitative des apports alimentaires récents) et non spécifiques (examen clinique, tension artérielle, poids, taille, tour de taille et de hanches, consommation d'alcool, tabagisme, prélèvements sanguins pour analyses, etc.).

Ils avaient en moyenne 50,8 ans au moment de l'analyse (71 % de femmes). Les patients prenant des traitements liés aux risques étudiés (antihypertenseurs, anticholestérolémiants, etc.) n'ont pas été retenus dans cette étude.

Camille Lassalle (unité 557 Inserm/INRA/CNAM, Bobigny) et ses collègues ont ensuite corrélé les comportements nutritionnels constatés (degré d'adhésion aux différentes mesures du PNNS : fruits, légumes, céréales complètes, réduction du sel, activité physique, etc.) aux résultats cliniques et biologiques de cette visite, en évaluant en particulier l'existence, ou non, d'un syndrome métabolique (association d'un surpoids à une hypertension artérielle, une hypercholestérolémie et une élévation de la glycémie).

Plus le PNNS est suivi, plus le risque de syndrome métabolique baisse
Les chercheurs de l'Inserm ont évalué la probabilité globale d'avoir un syndrome métabolique en fonction de l'adhésion aux préconisations du PNNS. Plus cette adhésion augmente, plus le risque diminue, en particulier chez les hommes, après ajustement pour l'IMC (index de masse corporelle). Cette diminution du risque est indépendante de l'âge, des apports énergétiques totaux, du statut tabagique ou encore du niveau socioprofessionnel.

Plus précisément, les résultats ont montré un lien significatif entre l'adhésion aux recommandations du PNNS et la diminution de plusieurs marqueurs du syndrome métabolique : tour de taille, tension artérielle et taux de triglycérides. Par contre, le suivi des recommandations nutritionnelles n'influe pas sur l'augmentation de la glycémie ou celle du cholestérol (total, HDL, LDL).

En conclusion
Cette étude montre que plus les habitudes de vie se rapprochent des idéaux définis dans le PNNS, plus le risque de syndrome métabolique diminue, en particulier chez les hommes. 

Certes, cette cohorte de volontaires est particulièrement concernée par sa santé, ce qui représente un biais statistique. Ces "Nutrinautes" sont en effet plus sportifs, plus éduqués et moins fumeurs que la population générale.

Mais les auteurs relativisent ce biais de sélection en constatant que la prévalence du syndrome métabolique dans leur étude (12,2 %) est comparable à celle retrouvée lors de l'Etude nationale nutrition santé (ENNS), publiée en 2006 (14 %).

Les auteurs estiment cependant, logiquement, que d'autres études"sont nécessaires pour confirmer ces résultats".

Jean-Philippe Rivière

Sources et ressources complémentaires :
- "Les recommandations du Programme national nutrition santé, bonnes pour le cœur", Inserm, 5 novembre 2013
- "Association between Adherence to Nutritional Guidelines, the Metabolic Syndrome and Adiposity Markers in a French Adult General Population", Camille Lassale, Pilar Galan, Chantal Julia, Leopold Fezeu, Serge Hercberg et Emmanuelle Kesse-Guyot, PLoS ONE, octobre 2013
- Le Programme National Nutrition Santé, mangerbouger.fr
- Le site de NutriNet-Santé
- "ENNS : étude nationale nutrition santé", InVS, mars 2006

Sources : Inserm

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Vidal News du 2017-11-23

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